tumide

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dimanche, décembre 3 2006

Orange

Une beauté, c’est des couleurs avant tout. Des couleurs, oui, de belles, des chatoyantes. Vous faire croire que vous êtes encore en vie, maître de votre destinée. Vous ne l’êtes pas. Vous ne l’avez jamais été d’ailleurs. Enfin que faire ?

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lundi, novembre 20 2006

Bla bla bla

Ouais ouais… Bla bla bla… Y’a rien à faire ça pisse le sang ! L’hémorragie est incontrôlable, le pourpre liquide se répand. Un verre de vin renversé ? Non certainement pas ! Du vin y’en a à foison ! Surproduction tu sais ce que ça veut dire mon pote? Rah ! Y’a beau colmater ça continue de pisser ! Une putain d’inondation ! Plombier ! Il en met du temps le con ! Hé ho, ça sent le sapin ! Ramène ta fraise machin ! Viens voir cette saignée ! ‘Tain c’est profond hein ? Un gouffre mon ami ! Un aven ! T’en avais jamais vu de pareil hein ! Ça t’en bouche un coin ! Ouais, là le souci c’est que le vif ! Jetons-y du sel ! Aïe ! Roh. La belle rouge.

Ici

Ici se cache un ami, là bas un ennemi, pourtant c’est vers le second que tu te penches. Tu vas en faire ta vie. Embrasses-le, il n’est déjà plus là. Il est en toi, tu crois l’avoir perdu, il feint le sommeil. Il est fatigué, ça lui arrive de temps à autre. Il attend, tes orifices lui font office de longue vue. Il perçoit le monde extérieur du bout de sa lorgnette. Il enregistre les détails qui t’échappent, les enfouit en toi, là où tu ne les trouveras jamais. Son butin s’amasse, grandit, ton espace vital se restreint, il pousse, rempli chaque fissures se présentant à lui. Une sorte d’enduit visqueux dont tu ne soupçonnes l’existence, il mettra le temps à sécher, il n’est pas pressé.

lundi, octobre 23 2006

Les Coquettes

Il faut y aller. Ça fait mal au ventre, mais ce n’est rien. Non rien du tout. Sûrement ces maudites boissons. Non, pas cette fille en tout cas. Tu la connais à peine. Aimer une soirée. Toutes ces soirées, les étreindre, ne plus les lâcher surtout, elles risqueraient de fuir. De quoi as-tu peur ? Aime ces nuits, aime les comme si c’était les dernières. Elles sont si jolies, si douces, si fraîches. Cette pluie perle leur visage, dessinant masques de tristesse. Ces minois nocturnes n’ont pourtant aucun besoin d’être dissimulés, l’automne les enrobe de ses goûtes sans demander la permission. Ce n’est pas tant qu’elles y sont opposées, ces noiraudes s’empourprent au grès des saisons. Elles sont coquettes.

mercredi, octobre 18 2006

La fuite

Hum. Elle est marrante celle-ci, je vais l’afficher dans mes toilettes. Hum à côté de toutes ces petits tractes de marabouts, elle sera reine. Ils auraient du pousser le vice un peu plus loin. C’est creux. Ouais, un ambidextre, ça courre les rues, il fallait compliquer les choses.

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lundi, octobre 9 2006

Fragments

Là, ça fait peur. C’est vide, creux. Ça se rempli peu à peu, lentement, très lentement. Ouais, allez plus vite s’il vous plait. Putain ! Je veux le boire ce verre. Oui. Maintenant. Pas dans dix ans. Un peu comme si j’étais pressé. On a beau dire, parfois on ne veut pas que ça traîne. A situation exceptionnelle, mesures draconiennes de rigueurs. J’empoigne la tireuse, me hisse sur le zinc, incline légèrement la tête, abaisse le levier, voilà, je m’en fou de partout, et un demi dans les cheveux, un !

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dimanche, septembre 24 2006

Elle

Elle avance dans la ville, sans se poser de questions elle se dirige vers le premier rad. Elle se fraie un chemin dans la chaleur étouffante, trouve une place libre au comptoir, s’assoit. Lors de son passage, nombreux sont les regards détournés, puis les sourires en coin naissants sur les lèvres. Elle n’y prête guère attention.

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samedi, septembre 23 2006

Société

La convivialité d’un centre ville réside-t-il en une sinuosité de ses ruelles ? Peut-on se perdre au milieu des barres ? Certainement pas, mais au beau milieu des bars… La chose reste à vérifier.

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Le métro

Le métro le matin, c’est un peu comme une parfumerie, où les différentes effluves artificielles de gel douche, de gomina ou autres supercheries hors de prix se côtoient maladroitement jusqu’à vous en donner la nausée. D’ailleurs, vous posez la galette.

Le métro le soir, c’est un peu comme un concert, où les différentes odeurs naturelles, de transpiration, de sébum ou autres réalités de notre animalité se côtoient harmonieusement, jusqu’à vous en donner l’envie de baiser. D’ailleurs vous prenez votre pied.

La cage

Cette volière renferme une foule d’oiseaux, la plupart d’entre eux de noir vêtus, d’autres plus excentriques arborent couleurs et simplicité. Certains errent sans but précis, il y fait chaud. Ceux au sombre plumage se pressent, ils ne font que passer. Quelques uns s’adonnent à la folie. Le lieu est propice. Les rayons du soleil pénètrent la cage d’acier. Vous êtes en gare d’Atocha.

L'attente

Accoudé, vous sombrez. Un tressaillement, vous vacillez. Lentement, vous recouvrez vos, sens, vous vous rasseyez. Quelle nuit de folies ! Votre voisin est dans le même état que vous. On ne peut compter que sur soi même. Vous lui tendez votre récipient, il le vide prestement. D’un regard, vous lui transmettez votre angoisse, silencieuse. Une personne de vert vêtue, rentre dans votre champ de vision, vous apostrophe. Vous êtes l’heureux père d’un petit garçon. Votre femme va bien.

L’échafaudage

Assemblage métallique défiant les lois de la gravité, vous l’observez, admiratif, avant d’en décider son ascension. Il n’y a aucun risque, il fait nuit, vous êtes ivre. Légère flexion des genoux, impulsion, vous vous tractez sans peine au premier palier. Les échelles vous indiqueront la marche à suivre. A pas feutrés, vous vous faufilez dans les entrailles du monstre, le bruit ne doit pas alarmer le voisinage ou les rares passants. C’est le dernier cadet de vos soucis, les filets de protections vous isolent du monde extérieur. Vous accélérez la marche, l’aube pointe le bout de son nez, le spectacle de la ville enflammée ne vous attendra pas bien longtemps. Vous atteignez les cieux. Félicitation, vous êtes au sommet de l’Hôtel de Ville. La citée brûle à vos pieds. Vous n’en demandiez pas tant.

lundi, septembre 18 2006

Catacombe

Un manche à balais, un clou enfoncé perpendiculairement à quelques centimètres de l’extrémité, un vieux chiffon gris, enrubanné, scellé par la pointe métallique, un épouvantail fantastique naît du rudimentaire assemblage, un ennemi des ténèbres, démembré allié. Vous imbibez ce torchon, d’un liquide pour le moins pur, teneur en alcool garantie. Vous approchez l’allumette, et la lumière fut. Dès lors, vous pouvez vous enfoncer dans la nuit, votre ami fermement tenu en main, il veille sur vous, réchauffe vos joues, et conjure le mauvais sort. Votre ombre se découpe, cerclée de feu, elle danse, au grès des courants d’air, participant à l’expédition, vous indiquant le chemin parfois, vous devançant. Vous oubliez de prendre soin de votre compagnon, il s’assoiffe, « patron y’a marrée basse, j’ai le gosier qui s’lasse¹ ». Vous n’avez plus de Jaja, les aléas du voyage… Vous êtes à présent plongé dans l’obscurité, la funeste dépouille de votre ami dans votre main gauche.

dimanche, septembre 17 2006

Endurance

Il ralentit, titube, marche quelques mètres, les yeux interloqués, il ne sait plus où il habite. Pas dans ce square en tout cas, il ne le connaît pas, pas plus que les gens qui l’entourent d’ailleurs, d’ici et là-bas. Il marche, à bout de souffle, ses yeux sont injectés de sang.

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samedi, septembre 16 2006

Le quai

Il est assis, jambes ballantes sur le quai, le fleuve est à ses pieds. Il incline légèrement la tête, avale goulûment la dernière gorgée de sa bière, se redresse, rote bruyamment, des perles apparaissent aux coins de ses yeux, il jette négligemment sa bouteille dans le fleuve. Il la regarde s’éloigner, souri, puis crache entre ses guibolles. Il n’entend pas les jeunes qui déambulent sur le pont au dessus de lui, il regarde ce flotteur vert porté par le flux continu. Le groupe est passé, la bouteille a filé au loin, il regarde les lumières qui jonglent sur l’eau, tout est calme. Il ne sent pas le froid.

Manon

Manon, fille du soleil, mains noires du sang de la terre. Elle vous inonde de ses rayons bienfaiteurs, vous apaise, provoque en vous un vide étrange. Ses doigts sont ridés, ses ongles légèrement noirs sur le pourtour, une coupure zèbre sa paume. Une simplicité dans l’être, fille soignée aux mains négligées, tu courbes l’échine depuis l’aube sans relâche. Il t’arrive de porter à tes lèvres un verre de vin, teintant légèrement ta bouche de violet. Ton visage éclairé, le pinard fait son effet, tu ne sens plus les points névralgiques, tu n’as plus mal.

Ses rêves

Elle est si loin, dans les bras d’un autre que moi, sûrement cette infernale Morphée une fois de plus. Je la regarde dormir, prisonnier de ses nuits. J’aimerai croire que je veille sur elle avec patience, sans retenue, mais tout cela n’est qu’un beau rêve.

Chaleur

Le froid est là, depuis quelques mois, votre conjointe vous a délaissé pour quelques sombres activités nocturnes dont vous ne voulez pas connaître la nature. Dans votre malheur, elle a tout de même fait un geste : le chat. Alors votre position favorite, en chien de fusil, devient le refuge de ce petit être tout chaud, tout poilu. Il se blottit à même votre peau, et là, toute sa capacité sonore va se dévoiler petit à petit rien que pour vous, ses ronronnements vont aller en s’amplifiant progressivement. Un petit concert nocturne pour noctambules avertis. Vous n’êtes plus seul.

Moon

Un porte s’ouvre, bondissant de nulle part, le chat s’engouffre dans la pièce, laissant son monde perplexe, il se retrouve dans la baignoire, attendant que le précieux liquide choie, inondant ainsi ses pattes avants. Quelques lampés plus tard, l’opération est un succès, le chat tout émoustillé vous retrouve afin de vous témoigner toute sa gratitude pour cette offrande. Il vous fera parfois le privilège d’essuyer ses pattes sur votre nez.

Comédien ou sincérité

Auprès d’elle, les artifices sont futiles, je me dévêtis, je laisse sur le perron des objets dénués de sens même. La seule personne à me voir comme je le suis vraiment, c’est elle. Eux ne voient qu’un mauvais acteur de série B, souvent aveuglés par l’alcool. Le comédien rentre alors en scène, il voit son travail facilité par les différents breuvages ingérés par ses spectateurs. Plus mauvais que jamais, il baragouine quelques mots inaudibles. Il sait pertinemment qu’il n’est pas lui-même, qu’il ne se sent pas bien à son aise, qu’est-ce qui le retient ainsi ? Il doit forcement chercher quelque chose. Mais quoi ? Le sait-il vraiment ? A ce stade là de la nuit, il abandonne ses desseins, tout va si vite, les idées vacillent, titubent et s’en vont en fumée.

vendredi, septembre 15 2006

Dominer

J’ai envie de vous, la chose est certaine, comment pourrait-il en être autrement ? Les choses prennent une tournure incontrôlable dès les premiers mots lancés. Rester maître de la situation, dominer, toujours.

La chenille

Le bruit recommence, il vient de la pièce où je ne me trouve pas. Quelle est cette mélodie régulière qui semble s’essouffler ? Je l’associe au travail lent d’une petite chenille verte. Tout à coup ce bruit cesse, pour recommencer on ne sait jamais trop quand. Il est vicieux, et de manière impromptue s’immisce dans ma vie.

Les belles de nuit

Elles dansent sans complexe, sur cet espace qu’elles se sont approprié. Il est tôt, bientôt la pièce sera remplie d’éponges, pour le moment, la grâce emplie l’endroit, pour le moment.

Bestiale

Il urine au beau milieu de la chaussée, l’heure avancée lui permettant ce genre de fantaisie, pourquoi se priverait-il. Il ne voit pas la voiture arrêtée sur le côté, seul compte le jet puissant, salvateur. Pour le protéger de lui-même, trois personnes chauves sortent de la berline. Ils avancent lentement, à pas feutrés, tandis que l’autre se soulage bruyamment, il accompagne la libération d’une chanson. La rue est déserte, calme, acceptant cette liquide offrande sans mot dire. Ces trois personnes voient l’acte d’un autre œil, d’abord amusées, puis écoeurées par la crinière de l’individu, ils fondent sur l’animal.

Le ventre

Vous avez mal au ventre, pas autant que lui, son ventre grogne, mais vous ne pouvez l’entendre, il faudrait tendre l’oreille, l’approcher tout près, frôler la bête affamée qui se terre sous ses pull-overs. Mais vous ne l’avez pas remarqué, pas plus que tous les ‘autres’ que vous croisez fréquemment, trop préoccupé par cette digestion difficile. Parfois vous pensez à votre maîtresse, à ses draps de satin, à ses parfums si entêtants qui vous plaisent tant. C’est vrai que vous aimez ses artifices. L’autre assis en tailleur pense à cette pièce qui ne vient pas. Elle ne viendra certainement pas de vous. Votre femme choyée passera quelques minutes après vous. Dénudée, peinée, elle tendra l’oreille quelques instants, le ventre gonflé de peine, de larmes. Elle déposera cette ferraille tant attendue. L’autre s’en ira faire bon usage de ce métal. Vous ferez bon usage de ce préservatif, il s’agit de ne pas mettre l’autre en cloque hein. Ça serait con. Mais vous êtes tourmenté par ces grognements inhabituels provenant de votre estomac. Vous n’allez pas pouvoir faire l’amour. En fin de compte, vos huîtres n’étaient peut être pas fraîches et vous avez simplement la chiasse.

Player

Feindre l’indifférence, coûte que coûte, sourire, jouer l’amusement, la joie. Ouais cet endroit vous insupporte, mais vous êtes là, sans trop savoir pourquoi. Vous vous ressaisissez, vous vous souvenez maintenant, alors vous continuez votre petit manège machiavélique, si bien huilé. Ouais, vous l’avez éprouvé cette approche, cette indolence que vous arborez fièrement… Vous me faites vomir.

La dent

La dent est tombée, un matin, d’apparence saine et robuste, elle est là, dans ma main, elle gît, inerte. Sa pâleur éclaire légèrement ma paume, j’enferme cette lumière. Je n’ai pas cinq ans, la petite souris ne passera pas, elle est déjà trop occupée ailleurs, l’innocence infantile lui accapare tout son temps. On ne peut pas lui en vouloir. Il est loin le temps où croire en l’existence de la petite souris me réchauffait le cœur. Mon être est glacé, c’est à peine si les pulsions de mon cœur me font frémir. Ce rythme qui se ralentit… La dent est la première d’une longue série, ses conjointes branlent déjà. Le remède réside en un arrêt de cette médication que je me prescris.

L'égo

Damné ego, qu’il aille se noyer dans un verre… qu’il s’en aille loin, très loin de moi, qu’il foute le camp une bonne fois pour toute. Mais non, ce n’est pas son truc, ni le mien d’ailleurs. Il se sent si bien entretenu en moi, si vivant, si fort. Ancré de la sorte il ne vivote pas, il excelle dans l’art de vivre, telle une tique affaiblissant l’organisme animal jusqu’à l’os. L’ego est mort, vive l’ego. Une bonne pression ne suffit pas pour l’extirper, un travail sur soi de longue haleine est de mise, tiraillant ainsi l’âme jusqu’à l’épuisement. Un jour, il semble être loin, distant, ne vous y fiez pas, il sommeille, se terre, vous guette, il attend le moment propice pour assaillir de nouveau… La lutte s’engage alors, une fois encore, plus dure à chaque fois, vous vous lassez de ses assauts répétés, vous allez céder comme une vielle muraille en pierres sèches. Il a le temps pour allié, il ne se lasse jamais, insatiable. Quelle ignominie j’ai laissé grandir en mon sein. Cette lutte intérieure, si silencieuse, si violente, ne laisse rien transparaître. Vous êtes de marbre, mais le bloc laisse apparaître une fissure.