La dent est tombée, un matin, d’apparence saine et robuste, elle est là, dans ma main, elle gît, inerte. Sa pâleur éclaire légèrement ma paume, j’enferme cette lumière. Je n’ai pas cinq ans, la petite souris ne passera pas, elle est déjà trop occupée ailleurs, l’innocence infantile lui accapare tout son temps. On ne peut pas lui en vouloir. Il est loin le temps où croire en l’existence de la petite souris me réchauffait le cœur. Mon être est glacé, c’est à peine si les pulsions de mon cœur me font frémir. Ce rythme qui se ralentit… La dent est la première d’une longue série, ses conjointes branlent déjà. Le remède réside en un arrêt de cette médication que je me prescris.