Ses heureux voisins tentent de s’accaparer son attention. Ils tentent… Echouent lamentablement, elle n’est pas du genre à se laisser captiver. Elle écoute d’une oreille leurs élucubrations. Une oreille par pochard. Elle écoute de cette manière, mais ne peut dédoubler le flot de ses paroles. Souvent sujet à querelles, elle cherche en vain une manière de s’adresser à l’un sans fâcher l’autre. Un autre bonhomme se pointe, elle lui dédie son regard, il semble s’en accommoder. Il ne peut que s’en contenter, déjà trop heureux de cette attention. Elle continue son petit manège à trois, le ton monte entre ses deux interlocuteurs, ils se prennent à parti, l’oublient. Elle se détache peu à peu d’eux, ses yeux ne peuvent se détourner de son troisième prétendant. Un regard peu s’avérer beaucoup plus explicite qu’un flot de paroles inutiles. Libérée de toute contrainte auditive, elle s’avance, l’enlace, tournois avec lui sur cette valse de nuit.