Ici se cache un ami, là bas un ennemi, pourtant c’est vers le second que tu te penches. Tu vas en faire ta vie. Embrasses-le, il n’est déjà plus là. Il est en toi, tu crois l’avoir perdu, il feint le sommeil. Il est fatigué, ça lui arrive de temps à autre. Il attend, tes orifices lui font office de longue vue. Il perçoit le monde extérieur du bout de sa lorgnette. Il enregistre les détails qui t’échappent, les enfouit en toi, là où tu ne les trouveras jamais. Son butin s’amasse, grandit, ton espace vital se restreint, il pousse, rempli chaque fissures se présentant à lui. Une sorte d’enduit visqueux dont tu ne soupçonnes l’existence, il mettra le temps à sécher, il n’est pas pressé.